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Prestige M8 Evo

par Louis Taurel

Sortie en septembre 2023, la Prestige M8 marque l’entrée du Groupe Beneteau dans le segment très premium du superyacht. Effectivement, même si la longueur hors-tout de la M8 est en dessous de 20 m (65 pieds), sa largeur de 9 mètres lui permet d’offrir une surface habitable comparable à celle d’un monocoque de 80 pieds, avec plus de 270 m² habitables. L’un des avantages est bien entendu de rester dans la réglementation des bateaux de plaisance de moins de 24 m ; au-delà, on passe dans une catégorie supérieure dans laquelle un équipage professionnel est notamment requis.Autre avantage, le M8 est un catamaran : ses entrées d’eau sont donc plus fines et les surfaces mouillées sont moins importantes que sur un monocoque, permettant d’avoir une consommation moins élevée.Fort de trois années de retour d’expérience, le chantier et Garroni Design ont pu travailler sur une nouvelle version de la M8 avec des évolutions esthétiques, ergonomiques et mécaniques.

De l’extérieur, les différences restent assez subtiles : le gelcoat de la casquette est maintenant blanc et l’esthétique des hublots de coque change également légèrement.

C’est au niveau de la mécanique que les choses évoluent plus nettement : la précédente version était mue par une paire de Volvo de 600 ch chacun ; sur la version Evo, on retrouve une paire de MAN de 730 ch chacun. Cela permet notamment d’augmenter légèrement la vitesse de pointe en passant au-delà des 20 nds. Ce gain de vitesse est aussi un gain de sécurité, puisqu’il est toujours confortable d’avoir de la puissance en réserve pour s’extraire d’une situation périlleuse. Autre avantage de ce gain de puissance : les moteurs, d’une cylindrée supérieure, tournent plus doucement à vitesse équivalente, permettant de réduire la consommation.

Pour un potentiel acheteur qui hésiterait entre un Prestige M8 et un monocoque d’environ 80 pieds (pour être sur des volumes intérieurs comparables), ce qui va frapper en premier, c’est la largeur offerte par la nacelle. Exit le sentiment d’être dans un couloir avec une succession de pièces. Ici, tous les espaces sont ouverts, offrant une luminosité et une visibilité sans pareil. Pour trouver un yacht (monocoque) avec une telle largeur (presque 9 m), il faudrait effectivement tabler sur des unités de 45 m, soit près de 150 pieds !

La cabine propriétaire, accessible par l’avant de la nacelle, suit cette même logique puisqu’elle occupe toute la largeur du bateau ainsi que la partie avant des coques. On se retrouve alors dans une suite comportant une chambre très spacieuse dont le lit king size est installé dans le sens inverse de la marche. À bâbord, on retrouve deux dressings se faisant face et menant à une salle de bain dont les vasques donnent directement sur les hublots de coque. Une imposante douche carrelée et un cabinet de toilette viennent compléter cette suite dont tous les détails sont raffinés et luxueux.

Quatre autres cabines d’invités, situées dans les coques, viennent compléter cet ensemble, ainsi qu’une ou deux cabines pour l’équipage dans les pointes avant.

On retrouve deux postes de barre, l’un dans la nacelle et l’autre sur le flybridge. La météo étant idéale, nous nous dirigeons vers celui du flybridge pour prendre les commandes de cet imposant powercat. Ici, la vitesse de croisière est relativement lente : ce n’est pas un bateau pour faire de la vitesse, mais pour abattre des milles, selon la même philosophie que pour un trawler. En effet, à plus de 20 nds, à plein régime, la consommation grimpe à plus de 250 l par heure, alors qu’à une vitesse de croisière lente de 10 nœuds, on consomme environ 36 l par heure, ce qui offre une autonomie située entre 850 et 1’000 milles grâce aux 3’700 l de carburant.

À une vitesse de croisière plus soutenue de 14 nds, la consommation se situe entre 160 et 175 l par heure ; l’autonomie chute alors à 310 milles…

Contrairement au Gran Turismo 50 que nous avons essayé ce même jour, les sensations à la barre ne sont pas celles d’une voiture de sport, mais le comportement reste dynamique. La puissance disponible permet de réduire l’inertie due aux 44 t en charge et aux 65 pieds de ce mastodonte. En navigation, le niveau sonore semble moins important que sur la précédente version : le groupe Beneteau travaille efficacement sur l’isolation phonique de ses derniers modèles, à l’image du Grand Trawler 63.

Photos ) Louis Taurel

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