58 bateaux à bon port

Avec les arrivées ce lundi matin (début d’après-midi, heure Paris) de François Angoulvant (Fermiers de Loué-Sarthe) et de l’Espagnol Gonzalo Botin (Tales-Villa Esperanza), respectivement 31è et 32è Class40, 58 bateaux sur les 85 au départ (moins 14 abandons) sont déjà à bon port sous les latitudes tropicales. Treize skippers, 8 à la barre d’un Class40 et 5 dans la catégorie Rhum, taillent donc encore, en ce 22è jour de mer, la route pour rallier la Guadeloupe. Ce lundi sera celui des Rhum avec les retours attendus de Julien Mabit (monopticien.com), de Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeants-Lorans) et de Charlie Capelle (Acapella). Côté Class40, le Britannique Richard Tolkien (ICAP Orca) doit en finir dans la nuit prochaine.

Fabrice Amedeo (Geodis), 26è Class 40
Heure d’arrivée : 18 heures 23 minutes 14 secondes, dimanche 21 novembre
Temps de course : 21 jours 05 heures 21 minutes 14 secondes
Vitesse moyenne sur les 3 539 milles du parcours : 6,95 nœuds
« Je suis hyper fier de ma course. Pour un amateur comme moi, c’est une satisfaction de finir 26ème sur 44 Class 40 au départ. Il faut souffrir pour en arriver là. Ma première semaine de compétition s’est bien déroulée. J’ai ensuite connu des problèmes d’électronique notamment avec mon pilote automatique. Progressivement, hélas, je suis passé du mode course au mode aventure. Je n’avais pas toujours la bonne toile car je n’avais plus confiance en mon pilote. Outre, ces quelques mésaventures, j’ai appris que j’étais tenace, je me suis accroché, je me suis battu, c’est vraiment une superbe expérience. Je me suis senti en phase avec mon bateau et, tout à fait, capable d’être seul en mer plus de 20 jours. La bagarre avec mes concurrents a été très belle. »

Pierre-Marie Bazin (Les 3 Caps-Respectons la Terre), 30è Class40
Heure d’arrivée : 01 heures 34 minutes 29 secondes, lundi 22 novembre
Temps de course : 21 jours 12 heures 32 minutes 29 secondes
Vitesse moyenne sur les 3 539 milles du parcours : 6,85 nœuds
« J’en ai bavé ! J’y suis allé pour la compétition sportive, mais quand tu prends le départ de la Route du Rhum, cela devient vite une aventure, tu n’y échappes pas. Avec mon copain Eole, on est fâché ! Je me suis perdu en route. J’avais pas mal de problèmes techniques : plus d’aérien, plus de spis, plus rien… J’ai donc navigué un peu à l’ancienne. J’ai failli m’arrêter aux Açores, mais ma femme m’a dit qu’il fallait continuer, que je ne pouvais pas m’arrêter là, que j’allais toucher des alizés… Mais ensuite, c’était horrible ! Je suis content, mais, pour être honnête, sportivement je suis hyper déçu. 30è, ce n’est pas terrible, mais l’accueil ici est extraordinaire. Je reviendrai, les alizés, je veux savoir ce que c’est ! »

François Angoulvant (Fermiers de Loué-Sarthe), 31è Class40
Heure d’arrivée : 14 heures 50 minutes 11 secondes, lundi 22 novembre
Temps de course : 22 jours 02 heures 33 minutes 44 secondes
Vitesse moyenne sur les 3 539 milles du parcours : 6,68 nœuds
« La fin de course, c’était plutôt sympa avec Gonzalo (Botin, ndlr) pas loin derrière, histoire de me maintenir réveillé. Le dernière semaine a néanmoins été difficile dans la tête : ce n’est pas drôle de voir que face à tous les schémas météo mis en place, les portes se ferment. Mais globalement, au regard de mon statut d’amateur, de l’histoire du bateau, je suis assez content de la course que j’ai faite et du choix de la Route Sud : cela a favorisé le suspense, ça a permis d’imaginer les choses. Quand je prends cette option, j’ai la conviction que ça doit passer à la Corogne sans que je me prenne dans la dorsale. Qui plus est la visibilité au-delà des 6-7 jours est plus claire dans le Sud que dans l’Ouest En faisant le tour de paramètres, je vois une suite plus favorable sans galérer au près, sans les risques de casse associés. J’ai pris vraiment du plaisir. Il faudrait être difficile de ne pas être content, c’est la deuxième fois que je termine la Route du Rhum et c’est toujours une vraie satisfaction. »