Des annulations qui font débat

Jusqu’à quand faut-il renoncer à notre calendrier sportif ? Alors que l’urgence sanitaire prend naturellement le dessus sur nos quotidiens, conserver une vision à moyen terme devient un véritable casse-tête. Faut-il annuler, reporter les régates, jusqu’à quand et pour combien de temps ? La somme des inconnues est énorme, tout comme celle qui pèse sur nos vies.

C’est tout d’abord la plus grande manifestation sportive de la planète qui a pédalé dans la semoule. À l’heure où nous écrivons ces lignes, gouvernement japonais et direction du CIO semblent s’accorder sur un « après 2020 et au plus tard à l’été 2021 », lit-on dans le dernier communiqué. Le CIO s’était donné un délai de quatre semaines pour statuer sur un report éventuel des Jeux, bien que son bureau exécutif en ait déjà entériné le principe. Devant la pression des différents comités olympiques nationaux et des fédérations internationales, dégager une solution consensuelle était loin d’être simple, en particulier pour trouver une date de report. Les deux grandes options étaient d’opter pour un report à l’automne ou à l’été 2021, des issues qui n’auront pas le même impact selon le degré de professionnalisation des sports et les moyens financiers des athlètes. En effet, si les grandes fédérations comme le tennis ou le football se voyaient mal chambouler leur programme d’automne pour les JO, le coût d’une prolongation d’un an d’une campagne olympique dans un sport comme la voile est loin d’être neutre. Nos athlètes déjà engagés depuis 4 ans, voire 8 ans sur le circuit olympique devraient donc se préparer à rempiler pour une année supplémentaire ? Car, si l’organisation de Jeux olympiques à l’automne n’a rien d’inédit – c’était le cas pour Sydney en 2000 – qui peut assurer que d’ici là la pandémie sera résorbée et que les processus de qualification complétés ? À ce stade, personne… Et on comprend mieux la lourde de tâche du CIO, à la fois pressé de se prononcer et dans l’obligation de rester prudent.

Et en Suisse ?

Paragraphe-et-en-suisseEn Suisse, la Fédération de voile a demandé aux clubs de suspendre toutes les manifestations jusqu’à nouvel avis. Le championnat de Suisse de Star fin mai est annulé, de même que toutes les régates se tenant ce même mois. Concernant juin, le brouillard ne se semble pas s’éclaircir, alors que la Semaine de Kiel a été reportée au 5 septembre, le Bol d’Or Mirabaud devra-t-il en faire de même ? Pour l’heure, les discussions sont en cours, mais les inscriptions d’ores et déjà suspendues.

Et concernant les activités nautiques individuelles, faudrait-il les reporter à plus tard ? L’OFSP est formelle : « la navigation en solitaire sur les lacs est autorisée », mais cela signifie-t-il pour autant que nous devrions nous y sentir encouragés ? Face au confinement, s’aérer sur l’eau pourrait nous faire du bien, mais il appartient aussi à chacun de se demander s’il ou elle pourrait faire un effort afin de limiter ses déplacements, ses contacts, et ainsi prendre part plus efficacement à l’endiguement du Covid-19. De notre avis, les beaux jours sur l’eau peuvent attendre, au moins quelque temps, afin d’œuvrer pour un retour à la normale aussi prompt que possible !