Fondation Octopus : Savoir c’est pouvoir

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Photos : ©DR, ©Fondation Octopus, ©Philippe Henry

« On connaît mieux la Lune que les océans », constate Julien Pfyffer, le fondateur de la fondation Octopus. Pour ce Franco-suisse de 35 ans, la recherche et l’information sont deux faces d’une même pièce.

Pour Julien Pfyffer, si les océans sont aujourd’hui en danger, c’est entre autres parce que nos connaissances sont limitées et que le grand public manque d’informations. Comme d’autres philanthropes avant lui, il vole – ou plutôt vogue – au secours des océans. Mais lui est un vrai couteau suisse : marin, journaliste, aventurier et plongeur. Une personnalité à l’image des ses projets : interdisciplinaires. Sa fondation soutient des initiatives scientifiques qui relèvent de la biologie et de l’archéologie marine. Il a pour cela imaginé une sorte de cercle vertueux. La fondation sélectionne des programmes, puis finance ou apporte son support logistique aux porteurs de projets. Dans un second temps, elle cherche à emprunter les meilleurs canaux médiatiques pour diffuser au grand public les connaissances acquises. Le projet est louable, la tâche ambitieuse, mais Julien Pfyffer semble résolu et a choisi de s’y engager à 100%. Ces deux derniers projets lui ont donné bien du grain à moudre.

Tortues de Lampedusa et amphores albanaises

 Cet été, Julien Pfyffer s’est d’abord rendu sur la petite île italienne de Lampedusa, mieux connue pour ses boat people que pour ses tortues marines. Pourtant, l’activité humaine perturbe considérablement leur écosystème. Octopus a donc pris le parti des tortues en finançant du matériel de pointe à destination d’une clinique spécialisée, qui les recueille, les soigne et les relâche dans leur milieu. « L’idée est de pouvoir mieux étudier les animaux marins et leur place dans la biodiversité, explique Julien Pfyffer. Par exemple, les tortues sont les plus grosses consommatrices de méduses. Quel serait l’impact sur l’environnement si elles venaient à disparaître ? », s’interroge-t-il. Un enjeu qu’il compte porter à l’attention du public sur la base des données qu’il aura collecté.

Son deuxième projet d’envergure : la cartographie aérienne et sousmarine des restes du port romain d’Oricum situé en Albanie. Il y a plus de 2000 ans, l’endroit fut le théâtre d’affrontements entre l’armée de César et de Pompée. Cependant, cette partie de l’histoire romaine est moins bien documentée que d’autres conquêtes fameuses de l’empereur comme celle des Gaules. En collaboration avec l’Université de Genève, il a monté une expédition qui a permis la modélisation en 3D du site. Une sorte de contribution à la conservation du patrimoine à laquelle il donne le nom poétique de « fenêtre ouverte sur la mer ». La fondation Octopus qui a vu le jour en 2015 semble avoir pris un bon départ. Une une bonne nouvelle pour les océans. Plus d’infos sur octopusfoundation.org.