Primo Cup de Monaco Trophée Crédit Suisse

En 25 ans, la Primo Cup s’est imposée comme le plus grand rassemblement de monotypie en Méditerranée. Courue sur huit jours de course, elle rassemble près de 300 bateaux représentant une vingtaine de nations. Si l’épreuve porte le nom de «Primo», c’est non seulement par ce qu’elle est la première régate de l’année, mais surtout parce que c’est un véritable terrain d’expérimentation, sur le plan de l’organisation sur l’eau: départs enchaînés, parcours adaptés au haut niveau, dispositif de sécurité, etc. La Primo Cup a toujours fait preuve d’un esprit novateur, accueillant également à chaque édition de nouvelles séries, que l’on peut découvrir en avant-première sur notre plan d’eau. C’est aussi pour cela que parallèlement, de nombreux chantiers, à l’instar de Bénéteau ou de Swan, viennent également lancer de nouvelles unités ; la Primo Cup et la Principauté étant une place incontournable du Yachting mondial. C’est ainsi qu’après les tout nouveaux Esse 850 et Melges 20 dont c’était la première régate en mer, le second week-end a permis de découvrir les Longtze Premier ainsi que les GP 42, venus en exhibition.

Une ouverture royale
Les Dragon, venus fêter leur 80e anniversaire, ont depuis toujours le titre de « bateau des rois ». La princesse Elisabeth d’Angleterre et Philip d’Edimbourg en trouvèrent même un, Blubottle, dans leur corbeille de mariage. Et leur fille, la Princesse Anne, est la marraine de la classe. A Monaco, le Prince Henrik de Danemark était le supporter le plus acharné, surtout quand son bateau a gagné la seconde manche. Le temps, hélas capricieux, ne permettra aux 43 Dragon présents de ne courir que deux manches.
Sur 43 bateaux présents, on trouvait les 40 meilleurs mondiaux. Les plus ambitieux : les onze équipages russes, très organisés, avec des coaches et une logistique imposante, pour encadrer d’anciens champions de la voile olympique, comme Alexander Muzychenko (médaille d’or en 1980) et Ekaterina Skudina (championne du monde en 1998 et sélectionnée à Qingdao). Le « tsar » Anatoly Loginov (Annapurna), le plus régulier (une manche de 2 et de 3) a remporté l’épreuve. Un seul Suisse, David Veit, pur amateur, sur Josette, un bateau moderne, épaulé par son père et Stephan Pulfer, a fait preuve d’une régularité métronomique (21e, 22e). Le père du barreur, Fredy, était enchanté : « C’est la première que l’équipage courait ensemble, et ça a été difficile, avec ce temps violent, une grosse houle, des vagues, dont nous n’avons pas l’habitude ! Mais on s’est bien amusés, et l’organisation a été formidable, du parking à bateaux au lunch-basket ! Nous devons améliorer nos automatismes et progresser en vitesse. Heureusement le Dragon est un bateau très sûr, d’ailleurs, vous l’avez remarqué, on voit un équipage composé de gros costauds à l’avant et d’un papi de 70 ans à la barre ! En tout cas, nous serons là l’an prochain ».

Les Suisses sur le podium
Pour la première fois, les nouveaux ESSE 850, étaient venus en mer, et ils furent gâtés avec 5 manches courues dans des conditions variables. Ce couloir lesté moderne, chouchou des Suisses (9 équipages sur 14 engagés) séduit des équipages venus du Surprise ou du catamaran, d’un excellent niveau. Charles Fabre, Daniel Schroff et Alain Marchand n’ont laissé aucune chance à l’Allemand Manuel Sauter, qui est resté en bas du podium, promettant de revenir l’an prochain : « Il neige chez nous, on se réjouit de rentrer faire du ski mais on se réjouit aussi de revenir l’an prochain ! », concluait Charles Fabre
La Primo Cup, novatrice, est aussi le rendez-vous fidèle de certaines séries, comme les Surprise, présents depuis 25 ans. Chronique d’une victoire annoncée, la course a été survolée par les Suisses du CER 1 Implenia, emmené par Etienne David. «C’est notre préparation assidue qui nous a permis de faire la différence. On a su se démarquer grâce à l’efficacité de l’équipage du CER de Genève, fruit de notre entraînement à deux bateaux entrepris en amont de la Primo Cup. Monaco constitue notre premier rendez-vous de la saison, une bonne mise en jambe sur un plan d’eau toujours aussi complexe au niveau tactique » a commenté Etienne David, de la Société Nautique de Genève, dont l’objectif principal est le Tour de France à la Voile 2009. Il savourait sa victoire : « Ca fait de nombreuses années qu’on vient, et c’est la première fois qu’on maîtrise parfaitement le plan d’eau. Je dois féliciter mon équipage, qui a été super, et merci aux dames, il faut qu’elles soient plus nombreuses à bord ».
En Longtze Premier, on trouvait trois Suisses sur 11 bateaux, dont White, basé au YC Meersbourg (Allemagne), 4e au général, et barré par Eckhard Kaller, qui navigue habituellement sur 8 M J. Il est un des nouveaux fans de la série : « Le Longtze est un dinhgy, tellement léger, et il est très toilé, on ne sent aucune pression sur la barre. Il est vraiment très rapide. C’était ma deuxième régate sur ce bateau et j’ai adoré. Le Longtze devrait avoir beaucoup de succès, car c’est un bateau très bon marché ». En Melges 24, Michael Good, Zéro Eight, le seul Suisse sur le podium : « Maxime Paul est vraiment trop fort ! ».

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