Un océan à avaler

En passant le cap Horn à 18h30 TU ce jeudi 4 mars, Franck Cammas et ses hommes conservent 175 milles d’avance (soit 8 heures 55 minutes) sur le temps de référence. Mais le début de ce final du tour du monde sera compliqué à négocier pour le trimaran géant, du moins pour les premières heures de cette remontée de l’Atlantique…

Les conditions particulières qui ont régné sur le Pacifique n’ont pas permis à Groupama 3 de s’adjuger le record WSSRC de la traversée du plus grand océan du monde : du vent certes, mais trop, au point d’imposer un grand détour par le Nord pour éviter le plus dur de la mer générée par une méchante dépression. Puis il a fallu à Franck Cammas et ses hommes négocier une zone de transition plutôt molle avant d’aborder les côtes chiliennes… Au final, l’équipage a avalé près de 5 000 milles sur l’océan Pacifique (Sud Tasmanie au cap Horn) en 8 jours 19 heures 07 minutes, soit 59 minutes supplémentaires sur le temps de référence sur Orange 2 en 2005 (8j 18h 08′).

Mais il reste encore 7 000 milles à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée à Ouessant : Bruno Peyron et son équipage avaient mis plus de dix-huit jours pour remonter l’Atlantique. Et même si Groupama 3 possède encore des milles d’avance sur le temps de référence, il devrait perdre une grosse partie de ce décalage positif dans les jours qui viennent. Les vents contraires qui règnent le long de la côte Est de la Patagonie vont sérieusement entamer le capital du trimaran géant.

Car si le catamaran détenteur du record sur le Trophée Jules Verne avait effectué une superbe remontée jusqu’à l’équateur (8j 05h 36′), il avait en revanche peiné pour rallier Ouessant à partir de la ligne de changement d’hémisphère (9j 11h 15′). Groupama 3 reste dans le timing pour améliorer le record du tour du monde : cinquante jours reste un objectif accessible…