Une étape qui change tout

 

24.8.2010

Les arrivées continuent de se succéder aux Sables d’Olonne. Après Vincent Barnaud (NorthStar) qui a réussi à ramener son bateau malgré son démâtage, ce sont Jean-Marie Oger (JMO Sailing) puis Robert Rosenjacobson (NED 602) et Louis Mauffret (Abri & Co Solidaires) qui sont arrivés à bon port. La deuxième étape aura, au bout du compte, chamboulé les classements de la course. Le podium est on ne peut plus international en prototype quand en série, la deuxième étape aura permis le retour du diable vauvert de quelques concurrents.

Cette deuxième étape, encore plus rapide que la première aura néanmoins provoqué des écarts considérables entre les concurrents. Une météo un peu plus musclée qu’à l’étape aller ainsi qu’une mer plus formée auront eu raison des espérances de plusieurs navigateurs, aux prises avec des avaries techniques de plus ou moins grande

importance. Sans oublier les différences de trajectoires qui auront été fatales à certains, notamment les

navigateurs partis dans le sud, qui n’auront pas su ou pas pu se recaler à temps sur la route nord.

Ainsi Jörg Riechers (mare.de) ne pouvait que concéder, beau joueur, sa défaite face à un Bertrand Delesne

(Prati’Buches) en état de grâce. Le navigateur allemand, qui visiblement, avait plus de difficultés à glisser sous le vent que son principal adversaire, reconnaissait n’avoir pas trouvé le bon timing pour se recaler. Avec au final, une sixième place sur l’étape à plus de quinze heures du leader. Autre grand perdant de cette deuxième étape, Sébastien Rogues (Eole Génération GDF Suez) qui, pour moins d’une minute, voit la quatrième place du classement général lui échapper au profit de Sébastien Picault (Kickers). Cette étape laissait de la place aux outsiders puisque Vincent Barnaud (NorthStar), avant qu’il ne démâte, tenait la corde pour une troisième place au classement général de la course.

En série, outre Jean-Marc Allaire (Baker Tilly AG2R la Mondiale) qui, dans le sillage d’un Xavier Macaire (Starter) impérial, profite de la défaillance de Davy Beaudart (Innovea Environnement), Amaury François (amauryfrancois.com) fait la bonne opération de l’étape. Relégué au départ d’Horta à près de quinze heures du leader et plus de six heures du podium, il réussit à la lumière d’une course opiniâtre à se hisser sur le podium devant Jean-Marie Oger (JMO Sailing) qui compense lui aussi ses dix heures de retard sur le leader. Robert Rosenjacobson (NED 602) complète enfin le top cinq des bateaux de série.

Cette deuxième étape est, en tous les cas, la démonstration évidente, qu’en matière de course à la voile, il ne sert à rien de tirer des plans sur la comète. La course qui pouvait paraître relativement verrouillée à l’arrivée à Horta a finalement délivré un verdict tranché, bien loin des jugements de Salomon que l’on pouvait attendre au départ des Açores.

La longue route

Alors que plus d’un tiers de la flotte a déjà pris pied aux Sables d’Olonne sous le soleil retrouvé, la majeure partie des bateaux de série continue d’avancer avec difficulté dans un golfe de Gascogne presque trop calme.

Vincent Kerbouriou (CGG Veritas) et Hugo Lavayssière (Hervé Sail Design) sont en lutte pour la sixième place de l’étape avec Davy Beaudart. Ysbrand Endt (Mediabrein) qui a confirmé avoir démâté, doit, quant à lui, prendre son mal en patience. Clément Bouyssou (No war) alterne des phases de vitesse tout à fait honorables avec des moments où son bateau n’avance plus qu’à deux ou trois noeuds. Come il l’a déclaré à un bateau accompagnateur, Clément est aux prises avec une panne de pilote et doit mettre en cape quand il décide de dormir. En proto Benoît Lenglet (Evasol) et Pascal Chombart de Lauwe (Xanlite) se disputent le droit symbolique de finir premier des Nacira 6,50, futur bateau de série, qui attend d’avoir été porté à dix unités chantier pour

quitter les rangs des prototypes. Enfin, Hugues Cholet (Dizikilepti), dans une conversation avec un des bateaux accompagnateurs, avouait être victime d’un mal de mer tenace depuis le départ d’Horta. Le cours de navigation des Glénans disait à propos de la naupathie : « Au début, on a peur de mourir, à la fin, on a peur de ne pas» Une seule solution, mettre du charbon, changer de rythme. Pour oublier d’une part son mal-être et mourir… de l’autre, pour abréger le calvaire de la lanterne rouge de la course.

Classement général provisoire avant jury

Prototypes :

– 1 Bertrand Delesne (Prati’Buches) 12j 01h 42mn 19s

– 2 Jörg Riechers (mare.de) 12j 15h 10mn 08s

– 3 Andrea Caracci (Speedy Maltese) 12j 19h 51mn 16s

– 4 Sébastien Picault (Kickers) 13j 00h 55mn 49s

– 5 Sébastien Rogues (Eole Génération GDF Suez) 13j 00h 56mn 31s

Séries :

– 1 Xavier Macaire (Starter) 13j 06h 48mn 19s

– 2 Jean-Marc Allaire (Baker Tilly AG2R La Mondiale) 13j 22h 27mn 28s

– 3 Amaury François (amauryfrancois.com) 14j 02h 53mn 39s

– 4 Jean-Marie Oger (JMO Sailing) 14j 11h 22mn 19s

– 5 Robert Rosenjacobson (NED 602) 14j 17h 28mn 32s